Se Ele está vivo e conosco, por que temor e tristeza?
quinta-feira, 26 de julho de 2018
terça-feira, 24 de julho de 2018
Douce vie
Si nous avions reculé dans le temps d’à peine
quelques étés, nous aurions rencontré notre petite fille avec deux années
d’âge, dans un bel et tiède
après-midi de dimanche, marchant avec de petits pas fermes sur le
chemin pavé de la fabrique de tissus connue sous le nom de CTI "compagnie Taubaté
Industrielle".
Précoce
comme en tout dans sa vie, elle avait fait ses premiers pas à l’âge de neuf
mois, maintenant à l’âge de deux ans, c’était déjà un vétéran dans l’art de se
promener pendant de longs trajets sans demander à être portée. Ils habitaient
encore le quartier de Bom Conselho, ils cheminaient tout le long de l’avenue du
9 juillet, traversaient le Panal¹ à côté de la voie ferrée, le champ de la
fabrique de jute, pour arriver à la maison des grands-parents au quartier des
Grâces.
Petite
fourmi qu’elle était en raison des sucreries, elle connaissait tous les bars
près desquels ils passaient sur le
chemin et elle entrait pour apprécier les vitrines. Son père racontait
que, quand on lui demandait quelle sucrerie elle voulait, elle tendait un petit
doigt indicateur en direction des sucreries et allait montrant chacun d’eux en
disant sans s’arrêter : -
celui-ci, celui-ci, celui-ci…
C’étaient
cajuzinhos de amendoin, cocada, pipoca doce, Maria-mole, doce de leite,
pé-de-moleque, quebra queixo…²
C’était
clair que son père ne pouvait pas, ni ne devait acheter toutes les sucreries.
Et là la fillette allait
traînant le parapluie noir de son père, parapluie plus grand qu’elle, et qui
lui servait pour s’équilibrer quand elle levait la tête et parlait avec
toutes les personnes qui passaient :
-
Oh, bébé ! Oh, psitt !
Les personnes riaient très surprises
d’entendre cette petite puce s’adressant à elles. Elle n’y donnait pas
d’importance, elle baissait la tête et tirait pour marcher jusqu’à deviner la
présence d’un autre bar. Quand elle passait toute droite sans en apercevoir un,
après quelques mètres, elle s’arrêtait, regardait derrière elle et courrait en
arrière en direction du bar … et recommençait tout de nouveau :
-
Celui-ci, celui-ci, celui-ci.
Bien, mais ce goût pour les friandises, qui
la faisait s’épuiser devant les vitrines tentatrices, l’a poursuivi le reste de sa vie et lui a apporté beaucoup
d’histoires. Vous souvenez-vous du blanc-manger qui la fit tomber malade de
désir ? Donc maintenant nous allons connaître le cas du pudim³ au lait
concentré.
Ce fut un samedi, en matinée, que Dona Silvia
se leva animée et prépara un beau et doré pudim au jus caramélisé. Ce
mets serait servi aux visiteurs annoncés pour l’après-midi du même jour.
La petite fille accompagna toutes les étapes
de la préparation avec l’eau à la bouche, et en tournoyant autour de sa mère
pour ne perdre aucun détail.
-
Enlève-toi de là, fillette, que je vais finir par te
marcher dessus.
Et elle fut encore à côté de sa mère quand
elle vit le pudim aller sur l’inaccessible étagère en haut du garde
manger.
Plus
tard, les visiteurs étaient dans la salle. La conversation va, la conversation
vient, et la petite fille anxieuse de l’heure du pudim. Jusqu’à ce que Dona
Silvia s’excusa et, toujours collée à sa mère, elle vit le pudim majestueux
descendre du haut de l’armoire et aller, avec les petites assiettes et les
petites cuillères, sur la table de la salle. Elle accompagna le gâteau dans sa
division et sa répartition. A chaque morceau servi, la petite fille se tordait
d’affliction, penchée sur la table.
-
Maintenant c’est le mien, mère ?
-
Il ne va rien rester pour moi, mère !
-
Mère, madame va tout leur donner ? Et moi ?
Dona Silvia sourit d’un sourire jaune,
forcé, entre ses dents, elle dissimula sa rage et dit :
- Le
pudim est pour nos visiteurs, fille, après maman te servira, d’accord ?
C’est clair qu’elle savait le gâteau
suffisant pour tous, et ce fut ainsi. Et arriva le tour de notre fillette qui
engloutit son morceau, se tint tranquille et alla jouer au pied de son
goyavier.
Quelques temps après que les visiteurs s’en
soient allés, la petite fille entendit un fouet battant des œufs dans la
cuisine. Sans descendre de son arbre, elle cria à sa mère :
-
Mèrrrrrrrre, qu’est-ce que madame est en train de
faire ?
-
Un pudim de lait concentré.
-
Encore un pudim ? Hum ! Que c’est
bon !!!
Quelques temps plus tard au pied du goyavier…
-
Fille, viens ici !
-
Qu’est-ce qui y a, mère ?
-
Viens manger du pudim.
Dona Silvia lui servit un grand
morceau et lui mit le gâteau bien en face d’elle. La petite fille n’avait pas
remarqué que ses frères n’étaient pas venus s’asseoir à table et qu’ils la
regardaient du coin de l’œil.
A peine avait-elle fini de manger que
sa mère lui servit encore un grand morceau.
-
Seulement pour moi, mère ?
Personne ne va en vouloir ?
-
Non, fille, il est tout pour toi.
Avant de terminer de manger le second
morceau …
-
Je n’en veux plus, mère !
-
Ah, si tu en veux, tu vas même en vouloir !
- Non, mère, maintenant je n’en veux pas, mais
plus tard je reviens pour en manger, d’accord ?
-
Non tu vas manger et maintenant. Tu ne m’as pas fait honte en face de
nos visiteurs ? Tu avais peur qu’il n’en reste pas pour toi ? Alors,
tu peux tuer ta goinfrerie, avec le pudim, je l’ai fait en double, seulement
pour toi. Allons !
Dona Silvia en était déjà aux cris
-
Je n’en veux pas, s’il te plait, mère ! Dit en
pleurant la fillette.
Sa mère se baissa et prit une branche
de la vigne du jardin potager, préparée, sans feuille dans le but d’un
châtiment, et dans un geste de flagellation, la claqua sur la table, menaçante.
-
Manges !
Avec la bouche pleine de
pudim, et en même temps entrouverte dans un spectacle dantesque, la petite
fille pleurait.
Dona Silvia ne lui avait
donné aucun coup de bâton, mais la peur avait été valable.
-
Ne fais jamais plus ceci en face de visiteurs, ni dans aucune occasion,
tu as entendu ? Tu peux sortir de
table.
-
Je promets ! Jamais plus !
Le châtiment fut douloureux tant pour la
petite fille que pour la mère, c’est certain. Même ainsi, la fillette ne perdit
jamais sa fascination pour le pudim, mais elle apprit à attendre, en enfant
bien élevée, son morceau.
¹ Panal nom d’un lieu
² Friandises brésiliennes
³ Dessert de consistance crémeuse comme
une crème renversée
sábado, 21 de julho de 2018
quarta-feira, 18 de julho de 2018
La petite fille et le "blanc-manger" ¹ de coco
Les nouveaux voisins finissaient d’arriver au quartier des Grâces et de suite attiraient l’attention de tous. Ils venaient de Rio de Janeiro apportant dans leur bagage un accent très amusant appuyant sur les "r" et les "s", et encore par-dessus, des traits libanais dans leurs visages qui les rendaient spéciaux. Seu Jorge, le mari, était grand et maigre, avec des manières éduquées, cheveux noirs et crépus, il était toujours affectueux et distribuait des sourires à tous ceux qu’il rencontrait. Dona Terezinha, la mère, était bien grosse, le visage rond avec une belle peau, aimable et souriante, elle faisait envie avec cette paire d'yeux plus verts que la mer un jour de soleil. Ses cheveux, elle les portait toujours pris dans un chignon sur le dessus de la tête, ce qui donnait à son visage, un aspect propre et sain. Sheila était celle qui avait eu le plus les traits arabes dans un nez prononcé et bien fait, dans ses yeux très grands et noirs comme la couleur de ses cheveux abondants et bouclés, attachés dans une longue et abondante queue de cheval. Elisabeth, "Beth", la sœur la plus âgée, avait eu une fièvre quand elle était bébé qui lui avait fait tomber pour toujours ses cheveux, ses cils et ses sourcils. Elle utilisait, alors, de jolis chapeaux qui lui cachaient sa calvitie. C’était pour cela que Sheila aussi portait d’une manière ostentatoire des chapeaux identiques quand elle sortait avec sa sœur, la mère expliquait que c’était par solidarité. Jorginho, le cadet, avait les mêmes traits que son père et remerciait Dieu d’être né homme et de ne pas avoir à utiliser de chapeaux.
Cela donne à imaginer, avec toutes ses particularités, la curiosité que cette famille attirait dans ce petit quartier d’ouvriers. Ils arrivèrent à spéculer sur la possibilité que Monsieur Jorge eut été pilote d’avion !
Bien, mais c’était une de ses ces après-midi chaudes de l’été et la petite fille du quartier sentait ses pieds déchaussés brûler sur le ciment de la chaussée.
- Sheila, tu ne viens pas jouer ? Cria-t-elle à la porte de la maison de sa voisine, pendant qu’elle sautait d’un pied sur l’autre, alternant au contact de la chaleur du sol. Ses yeux avaient eu encore le temps de se fixer sur un pied de genêt chargé de fleurs jaunes exhalant un doux parfum.
- Entre, je viens.
La fillette entra. Elle sentit la fraîcheur du sol, elle aima la verdure éparpillée dans les vases.
Dona Teresinha était debout à côté de la table dans l’office et servait un "blanc-manger" de coco à ses enfants.
- Assieds-toi, ma belle et mange un morceau avec nous !
La petite fille se rappela que sa mère lui avait enseigné à ne rien accepter dans la maison des autres et aussi de ne pas oublier de remercier.
- Non, Dona Teresinha, merci, mais je n’en veux pas.
La femme insista, mais, devant l’impérieux et bien élevé refus, il semblait que l’épisode du blanc-manger était clos.
Un autre jour, après son arrivée de l’école, la fillette ne déjeuna pas tout de suite et se plaignit d’avoir sommeil. Dona Silvia trouva étrange cette heure de dormir inhabituelle chez sa fille.
Quelques deux heures après, sa mère entend ses cris et courre à la chambre de la fillette. Elle la trouve les yeux écarquillés et avec son petit doigt pointé vers la fenêtre :
- Là, mère, de l’autre côté de l’avenue ! Regarde un grillon vert emportant ma patinette !
Elle était effrayée. Dans son cauchemar, elle voyait un grillon énorme, plus grand que son père, et qui de temps en temps se tournait pour rire d’elle, méchamment, la provocant avec des rires bestiaux, exhibant des dents blanches et larges…. les ailes pendaient comme les manches d’un frac très vert et empesé. Ses pattes, elles, il les tenait sur le guidon, ses pieds avançaient à cloche-pied donnant l’impulsion pour la vitesse de la patinette… bien qu’il fuît rapidement, jamais il ne disparaissait de son cauchemar. Il restait ici à la défier : - Viens me prendre !!!
Dona Silvia se jeta sur la petite fille :
- Il n’y a aucun grillon, fille, réveille-toi, c’est un cauchemar !
Le grillon disparut seulement quand la fillette entendit sa mère criant au mur de la voisine, demandant une branche de menthe pour faire une infusion que la petite fille prit avec des raclures de corne de cerf grillé au feu. Cette corne était gardée sur le côté du centre de l’avant-toit du toit qui couvrait la cabane où il y avait la pompe à piston manuelle pour tirer l’eau du puits.
La nouvelle de la fièvre de la fillette se propagea dans le quartier, comme une traînée de poudre.
Le père José Luis vint lui apporter une bénédiction spéciale.
- Viens ici, fille ! Je vais faire sortir ce petit "saci" ² en bondissant tout de suite, tout de suite de l’intérieur de toi.
Dona Silvia trouva à demi étrange le père mentionner le "saci", mais qui oserait questionner le curé, n’est-ce pas ?
Comme les autres voisins, Dona Teresinha aussi vint rendre visite à la petite malade, mais, au lieu d’apporter des biscuits ou des fruits comme de coutume, elle lui apporta un énorme et appétissant blanc-manger de coco :
- Elle en vit à la maison et ne voulut pas en manger, Dona Silvia ! Alors je me suis demandé si ce ne serait pas à cause du "bicha"³, cette maladie de la fillette.
On ne reconnaissait plus la malade. Elle, qui il y a quelques jours n’en avait pas mangé, demanda un grand morceau du blanc manger à sa mère et le dévora en peu de secondes. La même nuit elle était là jouant à " Passer l’anneau"4 sur le chemin pavé de sa maison.
Jamais plus elle n’aurait de fièvre, la petite fille du quartier, mais elle n’oublierait jamais l’image de ce grillon horrible tentant d’emporter sa patinette.
Cela donne à imaginer, avec toutes ses particularités, la curiosité que cette famille attirait dans ce petit quartier d’ouvriers. Ils arrivèrent à spéculer sur la possibilité que Monsieur Jorge eut été pilote d’avion !
Bien, mais c’était une de ses ces après-midi chaudes de l’été et la petite fille du quartier sentait ses pieds déchaussés brûler sur le ciment de la chaussée.
- Sheila, tu ne viens pas jouer ? Cria-t-elle à la porte de la maison de sa voisine, pendant qu’elle sautait d’un pied sur l’autre, alternant au contact de la chaleur du sol. Ses yeux avaient eu encore le temps de se fixer sur un pied de genêt chargé de fleurs jaunes exhalant un doux parfum.
- Entre, je viens.
La fillette entra. Elle sentit la fraîcheur du sol, elle aima la verdure éparpillée dans les vases.
Dona Teresinha était debout à côté de la table dans l’office et servait un "blanc-manger" de coco à ses enfants.
- Assieds-toi, ma belle et mange un morceau avec nous !
La petite fille se rappela que sa mère lui avait enseigné à ne rien accepter dans la maison des autres et aussi de ne pas oublier de remercier.
- Non, Dona Teresinha, merci, mais je n’en veux pas.
La femme insista, mais, devant l’impérieux et bien élevé refus, il semblait que l’épisode du blanc-manger était clos.
Un autre jour, après son arrivée de l’école, la fillette ne déjeuna pas tout de suite et se plaignit d’avoir sommeil. Dona Silvia trouva étrange cette heure de dormir inhabituelle chez sa fille.
Quelques deux heures après, sa mère entend ses cris et courre à la chambre de la fillette. Elle la trouve les yeux écarquillés et avec son petit doigt pointé vers la fenêtre :
- Là, mère, de l’autre côté de l’avenue ! Regarde un grillon vert emportant ma patinette !
Elle était effrayée. Dans son cauchemar, elle voyait un grillon énorme, plus grand que son père, et qui de temps en temps se tournait pour rire d’elle, méchamment, la provocant avec des rires bestiaux, exhibant des dents blanches et larges…. les ailes pendaient comme les manches d’un frac très vert et empesé. Ses pattes, elles, il les tenait sur le guidon, ses pieds avançaient à cloche-pied donnant l’impulsion pour la vitesse de la patinette… bien qu’il fuît rapidement, jamais il ne disparaissait de son cauchemar. Il restait ici à la défier : - Viens me prendre !!!
Dona Silvia se jeta sur la petite fille :
- Il n’y a aucun grillon, fille, réveille-toi, c’est un cauchemar !
Le grillon disparut seulement quand la fillette entendit sa mère criant au mur de la voisine, demandant une branche de menthe pour faire une infusion que la petite fille prit avec des raclures de corne de cerf grillé au feu. Cette corne était gardée sur le côté du centre de l’avant-toit du toit qui couvrait la cabane où il y avait la pompe à piston manuelle pour tirer l’eau du puits.
La nouvelle de la fièvre de la fillette se propagea dans le quartier, comme une traînée de poudre.
Le père José Luis vint lui apporter une bénédiction spéciale.
- Viens ici, fille ! Je vais faire sortir ce petit "saci" ² en bondissant tout de suite, tout de suite de l’intérieur de toi.
Dona Silvia trouva à demi étrange le père mentionner le "saci", mais qui oserait questionner le curé, n’est-ce pas ?
Comme les autres voisins, Dona Teresinha aussi vint rendre visite à la petite malade, mais, au lieu d’apporter des biscuits ou des fruits comme de coutume, elle lui apporta un énorme et appétissant blanc-manger de coco :
- Elle en vit à la maison et ne voulut pas en manger, Dona Silvia ! Alors je me suis demandé si ce ne serait pas à cause du "bicha"³, cette maladie de la fillette.
On ne reconnaissait plus la malade. Elle, qui il y a quelques jours n’en avait pas mangé, demanda un grand morceau du blanc manger à sa mère et le dévora en peu de secondes. La même nuit elle était là jouant à " Passer l’anneau"4 sur le chemin pavé de sa maison.
Jamais plus elle n’aurait de fièvre, la petite fille du quartier, mais elle n’oublierait jamais l’image de ce grillon horrible tentant d’emporter sa patinette.
¹ Dessert appelé : blanc-manger en France et manjar branco au Brésil. Celui de ce récit est fait avec du lait de coco
² Saci : entité représentée par un petit noir avec seulement une jambe et un bonnet pointu rouge
³ Bicha : nom populaire d’un ver intestinal. Selon une ancienne croyance brésilienne quand un enfant a ce ver dans le ventre il ne peut pas voir une chose qu’il aimerait manger, comme un dessert ou une nourriture différente, et ne pas les manger sans être malade.
4 C’est un jeu. Les enfants sont assis avec les mains jointes comme pour la prière. L’un d’entre eux s’éloigne, tourne le dos au groupe et ferme les yeux. Un autre cache entre ses mains jointes un anneau. Il s’approche de chaque enfant et lentement glisse ses mains entre les mains de l’enfant. Mentalement il choisit un enfant dans les mains duquel il laisse tomber l’anneau. L’enfant qui s’était éloigné revient alors et essaie de deviner où est l’anneau. S’il trouve c’est au tour de celui qui avait l’anneau de s’éloigner et de fermer les yeux. S’il ne trouve pas il devra de nouveau s’éloigner mais avant il aura un gage : chanter, danser, réciter une poésie, etc…
segunda-feira, 16 de julho de 2018
quinta-feira, 12 de julho de 2018
(doce lembrancinha nos casamentos da década de sessenta)
Amassam-se bem esses três ingredientes.
terça-feira, 10 de julho de 2018
segunda-feira, 2 de julho de 2018
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